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La libération de Paris

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Défilé des troupes Alliées

Ci-dessus et ci-dessous, troupes Alliées qui défilent à Paris.

Blindé Allié

FFI

Des FFI à Paris, lors de la libération de la ville.

Le général De Gaulle voulait qu'une armée Française soit la première à rentrer dans Paris, tandis que la Résistance(FFI-FTP), voulait que la ville se libère par elle-même, et que Hitler souhaitait qu'elle soit défendue jusqu'au dernier soldat Allemand, puis rasée avant son évacuation. Le général Dietrich Von Choltitz, commandant du Gross Paris, ainsi que le général Hubertus Von Aulock, commandant les troupes Allemandes massées sur la route de Paris, étaient opposés au général De Gaulle, qui était le chef des Forces Françaises Libres(FFL), ainsi qu'au général Leclerc, qui était le commandant en chef de la 2ème division blindée, et le colonel Rol-Tanguy, qui était le commandant régional des Forces Françaises de l'Intérieur. La garnison de Von Choltitz, soit 5 000 hommes, 60 avions basés au Bourget, les unités de Von Aulock, soit 20 000 hommes, dont deux divisions d'infanterie qui battaient en retraite depuis la Normandie, se retrouvaient face à deux bataillons de chars lourds, deux bataillons antichars, l'artillerie du 5ème corps US(général Gerow), des éléments de la 4ème division d'infanterie Américaine(général Barton), la 2ème division blindée, soit 16 000 hommes, auxquels il faut ajouter le Comité Parisien de Libération, soi(en théorie) 35 000 hommes, appuyés par certains gendarmes et policiers Parisiens, ainsi que par la Garde Républicaine. En août 1944, après la percée de Falaise et l'échec, le 8 août, de la contre-offensive des blindés Allemands, les généraux du SHAEF(Commandement Suprême du Corps Expéditionnaire Allié) n'avaient pas l'intention de prendre Paris, qui se trouvait pourtant sur la route de la IIIème armée US du général Patton, qui avait atteint la Seine à Mantes et qui s'apprêtait à la traverser entre Mantes et Troyes le 26. Il aurait non fallu se battre mais en plus une fois libérée il aurait fallu ravitailler la population qui avait besoin de 4 000 tonnes de vivres par jour. 

Le 10 août 1944, les cheminots se mirent en grève. Le 15, tandis que Rol-Tanguy installait son PC place Denfert-Rochereau, les policiers se mirent eux aussi en grève. Le 16 août, sur une demande du délégué du général De Gaulle, le consul général de Suède, Raoul Nordling, obtint de Von Choltitz la prise en charge par la Croix-Rouge des 3 000 prisonniers de la région Parisienne. Les services administratifs Allemands évacuaient la capitale. Le 18 août 1944, les élus Communistes de la Seine lancèrent un appel à l'insurrection libératrice. Le lendemain, Rol-Tanguy décréta la mobilisation générale, avec l'appui du Conseil National de la Résistance et du Comité Parisien de Libération. Les comités de libération s'installèrent dans les ministères, les mairies, et au siège des journaux. Choltitz aurait pu facilement écraser l'insurrection, mais il ne le fit pas. 

Dans la soirée, les délégués de De Gaulle, Parodi, et Chaban-Delmas, par l'intermédiaire de Nordling, négocièrent avec Choltitz une trêve, qui permettrait aux troupes Allemandes de quitter la capitale sans combats meurtriers. La trêve fut appliquée le 20. Mais Parodi, sous la pression des FFI, du CNR, et du CPL, dut annoncer la fin de cette trêve pour le 22. Les combats reprirent donc les 22 et 23, avec la construction de barricades dans toute la ville. Un détachement de la 2ème DB, celui du capitaine Dronne, qui comptait 150 hommes, 10 chars et 10 véhicules blindés, arriva à l'Hôtel de Ville le 23. 

En 1943, De Gaulle avait obtenu la promesse que Paris serait délivrée par une armée Française, et c'est pour cela que la 2ème DB du général Leclerc, qui avait été créée au Maroc au début de l'année 1944, avait débarqué en Normandie le 6 juin 1944, avec la IIIème armée US du général Patton. La 2ème DB fut intégrée le 16 août 1944 au 5ème corps du général Gerow, de la Ière armée du général Hodges. Du 20 au 22 août(Leclerc avait été nommé par le Gouvernement Provisoire de la République Française, gouverneur militaire de Paris), De Gaulle, le général Juin, ainsi que Leclerc, firent pression sur Eisenhower et Hodges, et obtinrent, dans la soirée du 22, que la 2ème DB rattrape son retard sur les unités Américaines plus avancées , et qu'elle participe à la libération de Paris. La 2ème DB devait progresser vers Paris accompagnée et soutenue par des formations Britanniques et Américaines. Gerow organisa trois colonnes qui montaient du sud, qui avaient ordre de na pas franchir la ligne Versailles/Palaiseau avant le 23 à midi, et qui avaient pour mission de s'emparer des ponts de la Seine : à l'ouest, le gros de la 2ème DB(les groupements Langlade et Dio), avec des ingénieurs Américains et l'artillerie du 5ème corps US, devait attaquer par Rambouillet et Versailles ; au sud, le groupement Billotte, renforcé par deux bataillons antichars et deux bataillons de chars lourds, devait s'approcher de Paris par Chartres et Palaiseau, tandis que plus à l'est, la 4ème DI du général Barton atteindrait la Seine en amont de la capitale. 

Le 24 août 1944, les deux colonnes Françaises progressaient en direction de la capitale, en évitant les grands axes de circulation et le contact direct avec les forces de Von Aulock. Le 25, au matin, le groupement Billotte rentra dans Paris, où il fit sa jonction, à 14h30, au rond-point des Champs-Élysées, avec le groupement Langlade. Les unités de la 2ème DB prirent un par un, guidés par les FFI, toutes les poches de résistance Allemandes. A 16h, Choltitz, qui avait été capturé dans son quartier général de l'hôtel Meurice, signa l'ordre de capitulation de la garnison Allemande, qui fut contresigné par Leclerc, qui représentait les FFL, et Rol-Tanguy, qui représentait les FFI. Le 26 août 1944, le général De Gaulle, qui avait refusé la veille, aussitôt après son arrivée, de proclamer la République du balcon de l'Hôtel de Ville, descendit triomphalement les Champs-Élysées, jusqu'à Notre-Dame. Les Parisiens reconnaissaient la légitimité à l'homme du 18 juin 1940. Les Allemands avaient perdu 3 200 hommes(tués), et 12 000 prisonniers. Les Alliés dénombraient 130 tués et 319 blessés pour la 2ème DB, 1 000 tués et 1 500 blessés pour les FFI, et près de 600 morts et 2 000 blessés parmi la population civile.  

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