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Le conflit Russo-Finlandais

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L'objectif pour les Soviétiques était d'élargir et de garantir leurs frontières avant l'affrontement avec les troupes Allemandes. D'un côté se trouvait le général Soviétique Meretskov, puis le général Semion Timochenko qui commanda le front principal de Carélie à partir de février, et de l'autre se trouvait le maréchal Carl von Mannerheim qui était le commandant en chef des troupes Finlandaises. Les Russes disposaient de 28 divisions regroupées en 5 armées, comprenant un corps et une brigade blindés appuyés par l'aviation, ce qui faisait un total de 500 000 hommes tandis que les Finlandais ne disposaient que de 15 divisions d'infanterie et des corps francs skieurs, sans aviation ni blindés, soit un total de 200 000 hommes et de 90 000 auxiliaires féminines, appelées Lottas.

En attendant la guerre inévitable entre l'Allemagne et l'URSS, Staline voulait renforcer et réorganiser l'Armée Rouge qui avait été affaiblie par les purges des généraux et accroître la sécurité des frontières Soviétiques. A partir du 10 octobre 1939 des pactes furent conclus avec les États Baltes(Estonie, Lettonie et Lituanie) qui autorisaient l'établissement de garnisons Soviétiques dans ces pays. Des négociations avaient commencées avec la Finlande le 9 octobre. Moscou voulait protéger l'accès maritime de la ville de Leningrad en prenant possession des îles du golfe de Finlande, en installant de l'artillerie sur les deux rives et en louant pour trente ans le port de Hangö(qui se trouvait à l'entrée du golfe) afin d'en faire une base navale fortifiée qui fermait le golfe avec la base Estonienne de Paldiski qui était déjà occupée par les Russes. Staline voulait aussi assurer la protection terrestre de Leningrad en reculant la frontière Finno-Soviétique dans l'isthme de Carélie, afin de mettre la ville hors de portée de l'artillerie lourde. Il voulait en dernier lieu rectifier la frontière près de l'océan Arctique, qui coupait en deux la presqu'île de Rybachi, pour garantir une totale sécurité au grand port nordique de Mourmansk.

Soldats Finlandais

Soldats Finlandais.

Moscou proposait de céder 5 527 kilomètres carrés à la Finlande tandis que cette dernière ne lui donnait que 2 760 kilomètres carrés. Mais la Finlande refusa ces propositions et accorda le droit de passage aux troupes Allemandes en Laponie. Le 28 novembre 1939 l'Union Soviétique déclara la guerre et attaqua la Finlande après avoir dénoncé les traités de non-agression qui dataient de 1932. Les divisions Soviétiques, mal entraînées et mal commandées connurent de grandes difficultés dès le début de l'offensive. Ils subirent des défaites, comme lors de la bataille de Tolvajari, le 12 septembre 1939, durant laquelle les Finlandais firent près d'un millier de prisonniers Russes. Le terrain était beaucoup plus difficile que celui de la Pologne. En effet au centre on trouvait un plateau granitique avec 40 000 lacs et couvert d'une impénétrable forêt. Au nord on trouvait 700 kilomètres de forêts sans aucun axe de pénétration puis la toundra semi-désertique. Au sud, dans l'isthme de Carélie, on trouvait la ligne fortifiée Finlandaise Mannerheim, constituée d'ouvrages bétonnés, puissamment armés, et de fossés antichars. De plus il y avait le froid, la neige et la nuit polaire et surtout les 200 000 soldats Finlandais bien entraînés, bien équipés(notamment avec le pistolet-mitrailleur Suomi) et qui connaissaient le terrain. L'offensive Soviétique fut menée par quatre armées : la VIIème en Carélie, la VIIIème au nord du lac Ladoga, la IX au centre de la Finlande, et la XIVème dans l'extrême Nord.

Du 1er décembre 1939 au 1er janvier 1940 l'armée Finlandaise arrêta l'armée Soviétique. La VIIème armée échoua devant la ligne Mannerheim et la VIIIème au nord du lac Ladoga. La XIVème armée réussit néanmoins à s'emparer de Petsamo et coupa ainsi la Finlande de la Norvège. En janvier les Finlandais essayèrent d'encercler les divisions Russes qui s'étaient avancées au centre de la Finlande mais ils n'y parvinrent pas. Au début du mois de février les combats dans le Nord étant bloqués par le froid et le front central s'étant relativement stabilisé les Russes décidèrent de déclencher une attaque massive en Carélie. La XIIIème armée vint appuyée la VIIème. Ils reçurent des renforts d'artillerie, d'aviation et de chars. Le général Timochenko fut nommé. Les Russes lancèrent l'attaque le 1er février. Ils réussirent à enfoncer la ligne Mannerheim et les Soviétiques, en tournant les lignes Finlandaises par le golfe de Finlande gelé obligea les Finlandais à se replier sur Viipuri. Helsinki était menacé. Certains pays envoyèrent des renforts : 8 000 volontaires Scandinaves, 30 avions Français et de vieux canons de campagne. Le 4 janvier 1940 Daladier créa une brigade de haute montagne qui devait porter secours aux Finlandais. Elle était composée de 6 bataillons de chasseurs alpins, et était commandée par le colonel Béthouart. Ces 6 bataillons furent divisés en deux demi-brigades : la 51ème demi-brigade qui comptait les 13ème, 53ème et 67ème bataillons de chasseurs alpins ; et la 27ème demi-brigade qui comptait les 6ème, 12ème, et 14ème bataillons de chasseurs alpins. Environ un mois plus tard un groupement de deux divisions légères de chasseurs et une division d'infanterie furent crées et placées sous le commandement du général Audet. La Légion créa la 13ème DBLE qui était composée d'environ 2 300 soldats divisés en deux bataillons. Il y avait la possibilité d'une intervention Franco-Britannique mais elle fut mise au point trop tard. Le 6 mars les Finlandais reprirent les discussions avec Moscou. . Le 13 mars 1940, à 11h du matin un cessez-le-feu fut signé.

Un traité de paix fut signé le 14 mars. Il accordait à l'URSS la presqu'île de Rybachi, la région centrale de Salla-Kunsamo, la totalité de l'isthme de Carélie avec Viipuri ainsi que la location, pour trente ans, du port de Hangö. Ce conflit eut pour conséquence le rangement au côté de l'Allemagne de la Finlande lors du déclenchement de l'opération Barberousse, et surtout la sous-estimation générale des possibilités de l'Armée Rouge(Winston Churchill parla d'"incapacité").  

Les Russes eurent 200 000 tués tandis que les Finlandais dénombrèrent 25 000 tués et 45 000 bléssés. Les Russes obtinrent les territoires qu'ils voulaient.

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